Neutralité: ne votez pas d’après les affiches
Dans les deux camps, certaines affiches sont trompeuses. Par exemple: «Pas de guerre. OUI à la neutralité suisse» et «Fragiliser notre tradition humanitaire? Neutralité rigide NON».

La neutralité ne garantit pas la paix
Commençons par cette affiche du OUI. La neutralité peut contribuer à la sécurité de la Suisse. Elle peut réduire le risque que la Suisse soit entraînée dans les conflits entre d’autres pays et permettre de maintenir des relations avec des États appartenant à des camps opposés. Mais elle ne garantit pas d'échapper à une guerre. Un pays neutre doit d’ailleurs être capable de se défendre: la neutralité suisse est une neutralité armée.
Une neutralité stricte est favorable à notre action humanitaire
Cette affiche du NON suggère qu’une neutralité plus stricte fragiliserait notre tradition humanitaire. Mais pourquoi? L’initiative n’interdit ni l’aide humanitaire ni la coopération humanitaire internationale. Elle restreint certes certaines coopérations militaires et certaines sanctions contre des États belligérants. Mais ni la coopération militaire ni les sanctions économiques ne relèvent de l’humanitaire. Dans l’action humanitaire, la neutralité peut au contraire être un atout, comme le montre notamment le Comité international de la Croix-Rouge (CICR), qui en a fait un principe essentiel afin de pouvoir être accepté par tous les belligérants et accéder aux victimes des différents camps. Cela ne signifie nullement considérer les belligérants comme moralement équivalents.
Le 27 septembre, ne votons donc ni pour la promesse illusoire que la neutralité nous préservera de toute guerre, ni par crainte qu’elle nous empêche d’être humanitaires. La véritable question est: quelle marge de manœuvre voulons-nous laisser au Conseil fédéral dans la mise en œuvre de la neutralité? Au vu de l’expérience récente, pensons-nous qu’il en fera bon usage ou qu’au contraire il cédera aux pressions étrangères?
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